« Je suis devenue anorexique »

Meg

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Quand j’étais plus jeune, je voulais vite grandir. Mais en grandissant, je me suis rendu compte que finalement je ne voulais pas grandir…

Si en apparence tout allait bien (j’ai grandi dans une famille sans problèmes particuliers avec des parents aimants), au fond de moi il y avait quand même quelque chose qui n’allait pas. Pour que ma famille s’inquiète pour moi (c’est comme ça que je l’interprète aujourd’hui) et par crainte de devenir une femme, j’ai commencé à vouloir maigrir. Il y a eu plusieurs phases jusqu’à ce que ça devienne une maladie.

À 17 ans, maigrir est devenu ma seule pensée et mon seul but. Je suis devenue une anorexique mentale avec de nombreuses répercussions sur mon corps. Par exemple, lorsque j’avais froid, j’étais contente! Lorsque je perdais mes cheveux, j’étais ravie, lorsqu’on me faisait remarquer que j’avais beaucoup maigri, j’étais très fière.

En quelques semaines, j’ai perdu beaucoup de poids au point d’avoir même dépassé l’objectif que je m’étais fixé. J’étais très satisfaite, j’étais en pleine phase de contrôle, mais en même temps je me sentais tellement vide et désespérée. Je contrôlais les choses mais j’étais aussi hantée par la peur de grossir.
Petit à petit, j’ai perdu le contrôle et la phase de boulimie est arrivée. Au début ce n’était pas très régulier. Quand ça arrivait par exemple, je demandais à ma mère ou à mes sœurs de me surveiller pour ne pas entrer dans la cuisine. Mais, lorsque finalement je craquais, si quelqu’un s’approchait de moi pour m’encourager et m’empêcher de manger, je répondais violemment de me laisser tranquille et c’était déjà trop tard. Alors je mangeais, je mangeais trop, beaucoup trop ! Et ensuite, j’allais vomir. Le lendemain le cercle infernal reprenait…

Comme à cette période, j’avais repris du poids, les gens ne s’inquiétaient plus pour moi (en tout cas c’est ce que je ressentais à l’époque). Pourtant j’étais au plus bas, je mangeais pour combler un vide ou un manque et je culpabilisais énormément. J’avais l’impression d’échouer par rapport à l’idéal que je voulais atteindre. La phase de boulimie a duré plus d’un an et tous mes proches étaient désemparés. Ils ne voyaient pas comment m’aider à m’en sortir. Au final, j’ai fait un petit séjour dans un hôpital psychiatrique pour faire une pause dans ma vie bien trop remplie. Un jour, au hasard d’une discussion, un infirmier m’a posé la question du bonheur et des buts qu’on se fixe dans la vie. Finalement, est-ce que maigrir rend heureuse? Est-ce que ça donne du sens? Je sais que ce n’est pas grand-chose mais cela a été le déclic pour enclencher ma guérison.

Je sais aussi que des gens ont prié pour moi, et que Dieu m’a préservé du pire.
Il ne faut pas oublier que c’est une maladie mortelle, ça aurait pu aller plus loin, encore beaucoup plus loin.

La volonté de Dieu pour moi était que je vive et non que je me laisse mourir.

Car oui finalement, derrière ma volonté de maigrir il y avait la volonté de mourir…

Après des années où je voulais tout contrôler et surtout contrôler mon corps, j’ai appris à lâcher prise et à me réalimenter normalement. C’est certainement ça le miracle : le lâcher prise! Chaque jour qui a suivi était un autre jour. Je n’avais plus besoin de réfléchir à comment compenser les erreurs de la veille. Je ne peux pas expliquer concrètement ma guérison, je ne sais pas vraiment comment cela s’est fait. Je sais juste que ça a mis du temps. Il m’a fallu du temps pour réintégrer certains aliments qui étaient dans ma liste d’interdits, du temps aussi pour m’accepter. Aujourd’hui, c’est quand même un combat de gérer l’alimentation et de m’accepter comme je suis, mais je prie Dieu de m’aider.

Ce qui a changé la donne, c’est de savoir que Dieu m’aime telle que je suis. C’est Lui qui peut m’apporter tout ce dont j’ai besoin et combler les vides en moi. Aujourd’hui je ne suis plus vide! Mes critères de beauté n’ont plus rien à voir avec ceux que j’avais à l’époque. Je suis aimée de Lui pour ce qu’il y a au fond de mon cœur et peu importe le reste.

Je n’ai pas trouvé de meilleure espérance que Dieu et je t’encourage à faire appel à Lui sans avoir peur de l’échec car Il contrôle mieux que toi-même, et le résultat sera tellement bénéfique pour toi. Il ne sera plus question de manger ou ne pas manger…

Dieu veut ton bonheur le plus profond et le plus entier. Tu peux lui faire confiance.